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Mardi 8 août 2006

Phrases amusantes trouvées dans les copies de mes élèves

 

 

 

« Nous sommes allés dans un parc qui nous faisait découvrir le derrière de Notre Dame »

 

 

 

« Moi, je pense que le passage où l’on doit rentrer dans la vie est très important ; c’est à ce moment que notre vie adultère commence. »

 

 

 

« si l’on boit deux litres de vin par jour pendant dix ans, on est un alcoolique indépendant. »

 

 

 

« Pour bénéficier de l’allocation de logement, les parents ne doivent pas dépasser le plafond. »

 

 

 

« Son teint était bis comme l’écume des vagues. »

 

 

 

« En mains, il avait un colis sous son bras. »

 

 

 

« Mes parents discutaient sur un projet de pique-nique…Mon père céda au charme de ma mère… »

 

 

 

« J’ouvris la lettre…Mon visage respira, mes yeux s’ouvrirent de joie, ma bouche reprit goût et s’élargit… »

 

 

 

« Les canards chantent dans leur petite étable. »

 

 

 

« Une nuit, des loups poursuivent un homme en traîneau, sur la glace. Il voit une femme, il ne sait pas ce qu’il va faire, la monter ou pas… »

 

 

 

« Les fenêtres étaient peintes d’un beau vert luisant. »

 

 

 

« Il ne faut pas juger les gens sur la mine parce que cela risque de sauter. »

 

 

 

« Il chante, il aime faire les enfants, il s’amuse comme un fou. »

 

 

 

« La moutarde de mon père lui monte au nez. »

 

 

 

« Les premiers hommes étaient des nomades, c’est-à-dire qu’ils se déplaçaient en sautant sur place. »

 

 

 

« Il y a le continent arctique et le continent artistique. »

 

 

 

 

Par martel - Publié dans : andre.martel
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Lundi 7 août 2006

J'adore Apollinaire.

J'émets des réserves toutefois quand il écrit " Ah! Dieu! Que la guerre est jolie!"

ou quand il décrit un bombardement de la guerre 14-18 en l'intitulant "fête"...

Je vous laisse juges...

 
Féte aux lanternes en acier
Qu'il est charmant cet éclairage
Feu d'artifice meurtrier
Mais on s'amuse avec courage
 
Deux fusants rose éclatement
Comme deux seins que l'on dégrafe
Tendent leurs bouts insolemment
Il sut aimer Quelle épitaphe
 
Un poète dans la forêt
Regarde avec indifférence
Son revolver au cran d'arrêt
Des roses mourir en silence
 
Roses d'un parc abandonné
Et qu'il cueillit à la fontaine
Au bout du sentier détourné
Où chaque soir il se promène
 
Il songe aux roses de Sâdi
Et soudain sa tête se penche
Car une rose lui redit
La molle courbe d'une hanche
 
L'air est plein d'un terrible alcool
Filtré des etoiles mi-closes
Les obus pleurent dans leur vol
La mort amoureuse des roses
 

 

Par martel - Publié dans : andre.martel
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Dimanche 30 juillet 2006

Elle ne date pas d’hier. J’avais 20 ans (j’en ai presque 3 fois plus) quand j’ai entendu sa pièce radiophonique Le Mensonge. J’ai été scotché (comme on dit aujourd’hui)

J’ai lu presque tous ses livres.

Nathalie Sarraute a traversé le XXème siècle. Née en 1900, décédée à 99 ans. Elle a été un des chefs de file du mouvement littéraire appelé Nouveau Roman qui met en cause le récit linéaire traditionnel. Il s’agit de capter à travers les attitudes et les paroles des personnages les sentiments à l’état naissant qui forment la trame de nos sentiments avec autrui.

Quand on lit Le planétarium ou Portrait d’un inconnu, on a l’impression de vivre dans l’intimité des héros, d’être ces héros. C’est excitant et effrayant à la fois !

L’intrigue est pauvre, certes, mais quelle richesse dans la psychologie des personnages !

Nathalie Sarraute, on adore ou on déteste…peut-être comme Amélie Nothomb(dans un autre genre) !

 

Par martel - Publié dans : andre.martel
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Mardi 18 juillet 2006

C’est la fin des années 50, ou le début de la décennie suivante…Je passe mes vacances à La Panne, première station balnéaire belge après la frontière. Nous sommes une vingtaine d’enfants qui nous retrouvons sur la plage au petit matin. La plupart d’entre nous ont creusé dans le sable un grand trou et ont installé leur étal. Qu’y vend-on ? Des fleurs en papier multicolores que des mères ou des grandes sœurs ont sans doute confectionnées. La monnaie d’échange ? Des tourelles, élégants petits coquillages, qui sont aux coquilles de bigorneau ce que le lévrier est au bouledogue. Pour acquérir ces fleurs, il faut payer avec ces tourelles dont la valeur augmente avec la taille. Mais attention, le marchand veille. Le coquillage doit être en tous points parfait. La moindre imperfection décelée et, le ou la fleuriste refuse de  « l’encaisser ». Ma sœur et moi n’étions pas « installés » sur la plage et les commerçants en herbe avaient beau jeu de faire la fine bouche devant les tourelles que nous déposions sur leur comptoir de sable. Ils répugnaient à les accepter ou les encaissaient mais ne nous offrant, en échange, qu’une fleur au rabais, flétrie et décolorée. Nous savions bien que les fleurs étaient vendues à la tête du client. Nous acceptions cet état de choses, car si, petits privilèges  il y avait, cela ne nous affectait guère. Après tout, il ne s’agissait que de coquillages et non d’argent de poche pour s’acheter des glaces ! 

 

Aurais-je autant aimé l’école s’il n’y avait pas eu les récréations ?

Vingt bonnes minutes à se défouler ! Cela n’existe plus aujourd’hui : les collégiens se promènent dans la cour, restent assis sur les bancs, consultent leurs téléphones portables…

Les matchs de foot. Je suis le gardien de but, le goal, comme on dit. Mon but ? Toute la largeur de la grande porte d’entrée. Et je plonge !dans un geste inutile puisque le ballon est déjà entré dans « les buts » ! Mais il faut bien donner le change ! La défense est trop perméable ! Je le dis, j’y crois dur comme fer ! Je ne me ferai pas gronder d’avoir arraché mes vêtements puisque je joue, comme mes camarades en culotte courte. J’ai les genoux couronnés, signe que j’ai défendu mon camp du mieux que j’ai pu ! Quand le coup de sifflet annonce la fin – non pas du match – mais de la récréation, le jeu cesse immédiatement ! Personne pour faire semblant de n’avoir pas entendu ! Nous sommes conscients de la chance que nous avons de pouvoir profiter de ces moments de détente ! Mettre en péril ce droit, en grappillant quelques minutes supplémentaires, est impensable pour nous. Il y a un temps pour tout et nous acceptons bon gré mal gré de retourner en classe.    

Mais le jeu pour lequel je donnerais tout ce que je possède pour  redevenir jeune garçon, c’est le jeu du drapeau - du drapeau simple - pour les connaisseurs ! Pour mes instituteurs, le garçon timide que j’étais devenait « un tigre » quand il s’agissait de défendre son camp ! La conquête du drapeau mobilisait toute l’énergie des garçons qui devaient s’en emparer et le ramener dans leur camp. L’autre équipe attendait, avec non moins de fougue,  le moment propice pour mettre en déroute les assaillants. Les techniques pour s’approprier le drapeau étaient aussi nombreuses que les joueurs. Pour les uns, il fallait y aller au culot, filer vers le manche en bois, l’ôter de son support, rebrousser chemin, ventre à terre, évitant par d’habiles feintes les garçons de l’équipe adverse lancés à leur poursuite. D’autres jouaient la carte de la discrétion, se faufilaient le long de la ligne délimitant le terrain. Ils se faisaient oublier jusqu’au moment où, vifs comme l’éclair, ils bondissaient en avant, surprenant tout leur monde. Ils regagnaient ainsi leur camp avec le précieux trophée, accueillant avec une modestie toute feinte les hourras de leurs compagnons. Les plus téméraires s’introduisaient dans le camp adverse, risquant d’être « touchés » et disqualifiés. Si on négligeait d’exercer sur eux  une surveillance de tous les instants, ils vous empoignaient le drapeau dans une course effrénée. Payante aussi était la technique qui consistait à y aller à plusieurs. Quelques-uns se laissaient prendre. Leur « sacrifice » permettait au plus véloce de se saisir du drapeau et dans la confusion générale de le ramener glorieusement à ses camarades. Je ne me souviens pas d’avoir participé à ce jeu sans la présence d’un arbitre, un maître ou un élève plus âgé. Leurs décisions étaient sans appel et personne ne songeait à les discuter. Il arrivait souvent qu’une maladresse d’un joueur engendrât la colère de ses coéquipiers. Le temps d’une récréation, celui qui avait été désavoué cherchait par tous les moyens à reconquérir la confiance de ses copains !

 

Je garde encore aujourd’hui, dans un tiroir de mon bureau, deux rescapés de ma collection de petits soldats. Il y a un chevalier qui a perdu son épée et son écu, arrachés comme ses deux avant-bras. Un blessé, couché sur son grabat, un bras en écharpe, a survécu aux mauvais traitements que j’ai fait subir à ces petits soldats. On refaisait la guerre qu’on n’avait pas vécue mais qui avait marqué nos proches. De grosses pierres s’abattaient sur les pauvres jouets, bombes qui les privaient souvent d’une partie de leur anatomie !

Mais le plus amusant, c’est que, très vite, je me suis lassé de la passivité guerrière de ces modèles réduits. C’est ainsi que je les ai détournés de leur fonction première pour en faire les dignes joueurs de deux équipes de football. Les soldats en plastique étaient opposés à ceux qui étaient en métal. Ils se disputaient une bille en terre qu’ils devaient envoyer dans le but adverse constitué de trois lettres en bois d’un jeu de construction placées en U. C’est l’adresse de mes deux mains qui décidait du score, mais aussi le hasard. Je me souviens très bien encore d’un corner tiré par un trompettiste. La bille heurta, devant le but, le jumeau du tireur. El la « balle » entra dans les buts, laissant sans réaction le gardien, un marin habillé de blanc qui vidait interminablement le même récipient. Il faut noter aussi qu’un arrière « en plastique », un indien, pour être précis, botta de très loin et fit exploser la cage adverse. Inutile de dire que je me passionnais pour les résultats des « vraies » équipes qui s’affrontaient au cours du championnat. Le L.O.S.C., qui s’appelait peut-être encore l’O.L., était bien évidemment l’équipe que je soutenais avec ferveur et chauvinisme.

 

Mes voitures miniatures tenaient aussi une place importante lorsque je me retrouvais seul pour jouer. J’organisais des courses et invariablement c’était toujours l’ Aronde de la collection Dinky Toy ou la Traction noire de chez Norev qui l’emportait. Pourtant j’exerçais la même poussée sur les autres, mais la Plymouth était trop lourde, la Panhard ne tenait pas la route, et la 4Cv avait des problèmes de direction qui l’envoyaient désespérément dans le décor.  Pour corser la difficulté je les faisais rouler dans des conditions difficiles, sur les draps et les couvertures de mon lit défait pour simuler les obstacles de la montagne, par exemple.  

C’étaient mes jeux…quelques-uns de mes jeux d’enfant.

 

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Mardi 18 juillet 2006
   Ma classe de 3ème ( 2005-2006)
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Lundi 10 juillet 2006

Que trouve-t-on à la devanture des librairies actuellement ? 2 livres sur Sarkozy, un de DSK, les confessions d’Ardisson, les Mémoires de Guy Roux, de J.M Thibault. Ah, j’oubliais ! Mme Chazal se raconte, Patrick Sébastien aussi…Et si vous aimez le sport pourquoi ne pas lire un livre sur Pelé, ou un autre écrit par Djorkaeff ?

 

 

 

Tous les goûts sont dans la nature, certes, mais ces personnalités que l’on voit si souvent à la télévision ne pourraient-elles pas nous épargner leur présence à la vitrine des librairies ?

 

 

 

Par martel - Publié dans : andre.martel
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Samedi 8 juillet 2006

Voici la dernière nouvelle que j'ai écrite.

Si vous le souhaitez vous pouvez la lire et me faire votre critique. Merci...

TRAQUENARD

 

 

 

Il est des gestes qu’on accomplit machinalement et qu’on regrette quelques jours plus tard.

 

Ainsi avais-je, lundi dernier, fait une boulette avec la lettre que je venais de recevoir et l’avais lancée avec adresse dans la corbeille au fond du bureau d’accueil du garage. Cette lettre émanait d’une collègue de travail qui avait fait un bref passage au service comptabilité. Cela expliquait pourquoi elle me l’avait adressée sur mon lieu de travail. Sur le moment, je m’étais dit :

 

            « Qu’est ce que je vais bien aller faire au milieu de cette fête, invité par une collègue que je connais à peine et que je n’ai pas revue depuis une bonne année ? »

 

            Et puis, le samedi venu, je m’étais souvenu de cette Clémence, de son sourire enjôleur, de ses seins qui pointaient insolemment sous son pull…Et je ne trouvai que de bonnes raisons d’y aller. Je n’avais plus d’attache sentimentale depuis un mois, le match de basket auquel je devais participer avait été reporté en raison d’un incendie survenu dans la salle de l’équipe adverse.        

 

Je fis appel à mes souvenirs : le rendez-vous était fixé à 15 heures, sur la RN 43, à la hauteur du restaurant La Fringale.

 

« On n’a que le bon temps qu’on se donne ! » me dis-je en revêtant une tenue décontractée de saison.

 

D’une certaine façon, je me vengeais de ma dernière petite amie qui me reprochait toujours de ne pas savoir m’amuser et profiter du temps présent !

 

« Moi, casanier ? Comment donc ! Ils allaient voir, tous autant qu’ils étaient ! Sans doute Clémence avait-elle dû raconter aux autres que j’étais timide ! J’allais leur apporter la preuve que je n’avais rien d’un bonnet de nuit ! »

 

J’arrivai à 14H45 et fus surpris d’être le premier à attendre. Ce ne fut que dix minutes plus tard que trois voitures vinrent se garer derrière la mienne. Je m’attendais à ce que chacun sortît de son véhicule et vint me saluer. Mais il n’en fut rien. A peine si, me dépassant, quelques-uns me gratifièrent d’un petit signe de la main.

 

Nous formions un petit convoi et je remarquai que les deux voitures qui me précédaient – une Twingo rouge et  une vieille Ford fiesta – n’étaient pas immatriculées dans le Pas-de-Calais, pas plus que dans le Nord, mais dans le 57. Les amis de Clémence semblaient donc venir de Moselle. Après tout, Metz n’était pas au bout du monde et, de nos jours, il était relativement fréquent de quitter sa région natale pour trouver du travail, ou se marier.  

 

Au bout d’un petit quart d’heure, la voiture de tête s’engagea dans un chemin de terre. Les autres et moi-même la suivîmes, cahotés dans les nids-de-poule. 

 

Je distinguai une fourgonnette blanche à l’arrêt qui, je l’appris plus tard, était frigorifique et contenait des plats préparés comme chez le traiteur. Tout le monde se mit à sortir les tables et les chaises pliantes du 4/4 qui nous avait ouvert la route. J’essayai de me mêler à l’agitation qui régnait mais, plusieurs fois, on me repoussa poliment.  J’eus le temps de nous compter. Il y avait quatre filles ni belles ni laides, et six garçons quelconques, à barbichette ou le crâne rasé. Je ne reconnus pas Clémence parmi les filles, mais, j’appris, quelques minutes plus tard, après que la première bouteille de vin mousseux eut été débouchée, qu’elle n’était pas encore arrivée mais qu’il ne fallait pas s’inquiéter. Comme elle était l’instigatrice de ces réjouissances et qu’on fêtait ses 30 ans, elle arriverait en retard pour que tous les yeux soient braqués sur elle et sur les vêtements extravagants qu’elle ne manquerait pas de porter ! Je ris à l’unisson, la tête me tournant un peu après le second verre. Je me persuadai que je m’amusais bien, et que tous ces bougres étaient, somme toute, bien sympathiques ! Quand Clémence arriverait, cela apporterait encore un peu de piquant, et comme l’endroit était isolé, on pouvait imaginer comment la fête se terminerait…Ce qui n’était pas pour me déplaire, je l’avoue !

 

Une fille m’adressa la parole alors que je me régalais avec la mortadelle, le céleri râpé, la tranche de rosbif froid, les tomates cerise…

 

- Alors y paraît que t’es garagiste ?

 

- Pas vraiment. Je travaille dans un garage.

 

- Y paraît qu’ils emballent bien, les mécanos !

 

Et elle commença à me faire un résumé très décousu des exploits de Pin-Pon dans L’été meurtrier qui séduisait Sophie Marceau.

 

Je lui répondis qu’elle se trompait, que l’actrice qui jouait dans le film avec Souchon était Adjani, et que c’était le personnage provocant qu’elle incarnait qui aguichait le mécanicien et non l’inverse. Du coup, elle me tourna le dos en haussant les épaules et entreprit une conversation tout aussi futile avec le convive qui était à sa gauche, qui, si je compris bien, travaillait comme garçon de café.

 

C’est à ce moment là qu’un téléphone portable sonna. Je ne savais pas encore qu’à la suite de cet appel, je ne goûterais ni au fromage ni au dessert mais que, surtout, la fête était prématurément terminée pour moi et que le cauchemar commençait !  

 

Le garçon qui avait l’oreille collée au téléphone faisait des signes de la main pour demander le silence :

 

- Je t’entends très mal, Clémence…Où tu dis ?...Et t’es sûre que le moteur n’est pas noyé…Ah, c’est c…ça ! Essaie encore…Mais non je m’énerve pas ! Mais tu comprends on est là à t’attendre…Tu aurais pu…Oui…D’accord…Ne quitte pas, tu veux ?

 

Il nous expliqua tout en terminant son verre de rosé ce que d’ailleurs nous avions tous compris…Il fallait qu’on la dépanne. C’est le moment que choisit ma voisine pour me montrer du doigt :

 

- Il est là, notre garagiste ! Comme si on l’avait invité rien que pour ça !

 

Le jeune homme reprit le téléphone et, sans m’avoir demandé mon avis, affirma à sa correspondante que son ancien collègue, en l’occurrence, moi,  allait se mettre en route pour la tirer d’embarras.

 

J’essayai de riposter mais il me tendait déjà ma veste que j’avais déposée sur le coffre de ma voiture :

 

- Tu peux pas refuser, hein ! D’ailleurs, nous, pour les bagnoles, on  n’y connaît que dalle !

 

Je m’entendis demander où elle était tombée en panne ! Tous les regards étaient braqués sur moi, ce qui empêchait ma volonté de dicter mes actes. J’étais comme un gamin à qui le maître dit d’aller au tableau et qui s’exécute gauchement ! Quand je me levai, quelques applaudissements se firent entendre et quelques sarcasmes, aussi, je dois l’avouer…

 

Je connaissais l’endroit pour y être souvent passé. Il me fallut à peine dix minutes pour être sur les lieux. Je m’arrêtai à la hauteur de la Saxo qu’on m’avait désignée. Je fis un geste de la main, plutôt grotesque, en direction du véhicule, démonstration d’intérêt  que je regrettai immédiatement quand je vis sortir de la voiture, non pas Clémence, mais deux malabars en tee-shirt blanc. Je me dis que je m’étais vraisemblablement trompé de véhicule et m’apprêtai à m’excuser quand l’un des deux hommes me donna un coup de poing au creux de l’estomac, pendant que l’autre m’entraînait vers la Saxo. En quelques secondes, on me bâillonna et on me couvrit les yeux d’un large serre-tête. Des mains gantées fouillèrent mes poches et je me sentis dépouillé de mon téléphone, de mon portefeuille. J’étais au bord de l’évanouissement. Le bandeau sur mes yeux m’écrasait le nez et je respirais avec difficulté. Les mêmes mains qui m’avaient dépossédé de mon bien guidèrent mes doigts vers un objet métallique et m’obligèrent à serrer ce qui ne pouvait être qu’une arme à feu. Puis on me laissa tranquille. La voiture s’arrêta et je fus conduit à l’intérieur d’un local qui sentait le renfermé. On me lia les mains derrière le dos, on m’entrava les pieds, et on m’abandonna, à genoux, dans l’obscurité la plus complète. Je trouvai l’ultime force de demander à mes ravisseurs qu’on m’ôtât mon bandeau. Mais, après une courte discussion à voix basse, ils ne se montrèrent pas disposés à accéder à ma requête.

 

Combien de temps restai-je dans cette position inconfortable et humiliante ? Je ne sais. Deux heures, un peu moins, sans doute…Quand ils revinrent me chercher, j’eus plus que jamais l’effroi d’être sous peu exécuté. Tant que j’étais leur prisonnier, je ne risquais rien. Mais maintenant ? J’avais vu leurs visages…Entraperçu plus exactement. J’aurais été incapable de les reconnaître, d’ailleurs ! Mais eux ne le savaient pas et même si je leur  avais donné l’assurance que je n’étais pas physionomiste, m’auraient-ils cru ?

 

Après un nouveau déplacement en voiture, on m’enleva mes bâillons et je m’apprêtai à vivre mes dernières secondes  sur cette Terre. A mon grand étonnement, ils m’abandonnèrent à l’endroit même où ils m’avaient enlevé et je me retrouvai devant ma voiture que j’aurais bien couvert de baisers  si je n’avais pas craint le ridicule. Cette expérience m’avait horriblement bouleversé mais je restai toujours l’homme timide et emprunté que j’avais toujours été, incapable de manifester au grand jour mes états d’âme !

 

Mes clés étaient dans ma poche ; ils n’avaient fait main basse que sur mon portable et mes papiers. Je restai plusieurs minutes, assis sur mon siège, sonné, ne comprenant pas bien ce qui m’arrivait. Il me fallait aller au plus vite prévenir la police ou les gendarmes, mais je n’arrivais pas à me décider. Je repris le chemin qui devait me mener là où la fête avait commencé. J’obtiendrais vraisemblablement auprès des personnes que j’avais côtoyées pendant le début de ce repas l’aide et les conseils dont j’avais besoin.

 

L’idée d’un piège qui m’aurait été tendu ne m’effleura que lorsque je me retrouvai dans la prairie où, quelques heures plus tôt, des tables étaient dressées. Tout avait disparu ! Ils avaient plié bagage. Il y avait bien les traces des pneus des voitures, mais tous les rogatons du repas avaient été emportés. Pas un seul mégot de cigarette ne traînait dans l’herbe ! Aucune croûte de fromage, pas le moindre biscuit d’apéritif !

 

Je me sentis très mal. Mon cœur semblait avoir cessé de battre normalement et je m’en inquiétai. Je pensai à toutes les personnes qui avaient été piégées par les animateurs de la facétieuse Caméra invisible, émission qui m’avait diverti quand je la suivais à la télévision. Mais en aucun cas on ne molestait les personnes comme je l’avais été moi-même !

 

Je rentrai chez moi, roulant à faible allure, au point que tous les automobilistes qui me suivaient finissaient par me doubler en klaxonnant avec agacement. Encore un paysan qui ne sortait sa voiture que le week-end !

 

J’étais attendu. Je distinguai les gyrophares des deux voitures de police qui stationnaient devant chez moi.  On ne prit pas la peine, dans un premier temps, de m’informer de ce qu’on me reprochait puisqu’il semblait évident que je ne pouvais pas l’ignorer !

 

Mon voisin, avec lequel j’entretenais des relations plus qu’inamicales, venait d’être assassiné avec une arme qu’on avait découverte dans sa poubelle et sur laquelle on retrouverait, évidemment, mes empreintes digitales. Les véritables assassins avaient ingénieusement glissé sous le meuble hi-fi de la victime une de mes cartes de crédit. Comme si, mon crime commis, et dans l’affolement, j’avais perdu cette précieuse carte ! Il n’en fallait pas plus pour convaincre les enquêteurs de ma culpabilité.

 

Après avoir été interpellé par les policiers, j’ai été placé en garde à vue. Je n’ai pas reconnu les faits. Je dois comparaître mardi devant le juge d’instruction. Le procureur de la République demandera alors mon placement en détention provisoire…demande que le juge d’instruction ne manquera pas de transmettre au juge des libertés et de la détention…

 

Je paierai à la place des vrais coupables. Je n’avais aucun alibi. La bande avait mis au point cette mise en scène pour se débarrasser de Victor, ancien juge d’instruction, qui s’était fait beaucoup d’ennemis dans le milieu. Le seul grief que j’avais contre mon voisin, c’était d’avoir, deux ans plus tôt, empoisonné mon chien qu’il n’aimait pas. Souvent je m’étais exprimé sur cette question, au garage, devant mes collègues, et il était plus que probable que Clémence ait eu vent du différend qui m’opposait à ce voisin dont le nom était bien connu.

 

Ah ! Si j’avais pu produire cette lettre dans laquelle Clémence m’invitait ! Mais comment convaincre police et juges que je m’étais bien rendu à cette invitation ?

 

Poursuivi pour homicide volontaire, je disposerai des trente années de réclusion criminelle pour revivre  le film de cette après-midi mémorable au cours de laquelle je m’étais permis, enfouissant au plus profond de moi mes prédispositions pusillanimes, de m’écrier haut et fort devant ces inconnus :

 

« Que la fête commence ! »

 

J’aurais été plus avisé de me taire !

 

 

 

 

 

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Samedi 8 juillet 2006

Bonjour à vous qui avez eu la bonne idée de me rejoindre sur ce blog.

Et tout d'abord une petite fiche autobiographique :

André MARTEL

 

58 ans

 

né à Lambersart (59 )

 

Domicilié à Wardrecques ( près de Saint-Omer ) depuis 25ans

 

Professeur de Lettres au Collège Jean Jaurès d?Aire-sur-la lys

 

 

Marié, 3 enfants

 

Passionné par tout ce qui touche aux affaires criminelles non élucidées.

 

 

Ai commencé par écrire des nouvelles et ai participé à des concours

 

Mon 1er recueil de nouvelles publié est :

                        De la part des vivants           en 2000.

 

 

Paraît l?année suivante mon roman policier

                           La passion selon l?assassin.

 

 

 

Puis chaque année parution d?un nouveau roman :

 

 Valentin et la base H     (Coup de c?ur de la librairie Majuscule de St Omer)

Pour les beaux yeux de Marine

 

Un crime presque ordinaire     en Avril 2005

 

On pourrait qualifier ces 3 derniers romans à la fois de « sociaux » ( personnages confrontés à des problèmes de société) et de « psychologiques » ( importance des personnages et de leurs comportements)

 

 

2 ouvrages parus sur Internet exclusivement :

La fille qui avait peur de l?orage

 

Quand la charrette devient carrosse  ( a fait l?objet d?un feuilleton dans le journal l?Echo de la Lys, l?été dernier)

 

 

Par martel - Publié dans : andre.martel
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